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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 22:00

Grèves, otages et guerre des mots

par Roger-Pol Droit

La guerre des mots est aussi vieille que les conflits politiques. Les injures y tiennent leur rôle. Les adversaires sont, au choix, « chiens », « rats », « veaux », « vipères », « moutons »... Sartre s'est même fait traiter de « chacal muni d'un stylo » et d' « hyène dactylographe » par le stalinien Fadeïev. Mais c'était à Wroclaw, en 1948. Ces derniers temps, les éclats de voix semblaient moins vifs, le vocabulaire était rarement aiguisé et tranchant. Mais, depuis quelques jours, quel feu d'artifice ! Au-delà des noms d'oiseau et des invectives, une polémique intense agite les discours publics, bloquant parfois les analyses comme sont bloquées des routes.

Au coeur de cette querelle, les usages du terme « otages ». Les militants de la CGT sont en effet décrits - par la presse, par les responsables politiques de la majorité et ceux de l'opposition - comme entrés dans un processus de « radicalisation », pratiquant un « terrorisme social », s'activant pour « prendre en otage » automobilistes, petites entreprises, transports et production d'énergie - toute l'économie du pays.

Il est incontestable que le contexte de la guerre menée contre l'Occident par les djihadistes donne à ces termes une portée qu'ils n'avaient pas naguère. Désormais, « radicalisation » fait penser au fanatisme islamiste, « terrorisme » aux attentats aveugles, « prises d'otages » aux décapitations perpétrées par Daech.

Voilà qui fournit d'excellents prétextes à dénégation et à protestation victimaire. On a donc vu les militants les plus durs, les plus déterminés à « tout bloquer », s'offusquer bruyamment de ce rapprochement supposé obscène. Ils se sont déclarés « indignés » - depuis Stéphane Hessel, c'est une figure imposée - que l'on parle de tous côtés de « prise d'otages ». Dans les médias et les réseaux sociaux, ils ont combattu cet amalgame offensant, injuriant la lutte des travailleurs en la rapprochant des pratiques des tueurs islamistes. Pourtant, si l'on ne réfléchit qu'une minute, ça ne tient pas.


Lisez la suite de l'article des Echos

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commentaires

brandenburg 03/06/2016 22:04

Pourquoi donner la parole à ce faux-cul,philosophe pour maternelle,qui a pris sur Verdun une attitude infâme?

16/06/2016 09:09

Bonjour,
Nous avons trouvé l'article intéressant et pouvant bien sûr faire réagir. Il n'y est pas question de Verdun.
Les commentaires restent toujours bienvenus.