Cela en deviendrait presque un nouveau point Godwin. Traiter la personne d’en face, fût-elle catholique (ô horreur ?), d’homophobe, c’est immédiatement l’enfermer dans une posture et la disqualifier pour la conversation. Façon : « Tu as peur des homos mon coco catho, fais pas semblant de trouver des raisons, arrête donc de parler : tu penses juste avec tes réactions épidermico-papales ! » 


Comme la plupart des catholiques je pense, je connais plusieurs personnes homosexuelles et ma mère invite à la maison depuis que je suis toute jeune deux homosexuels de ses amis. Une confidence : je ne me suis jamais enfuie en courant, traçant un grand signe de croix en lançant un vade retro satanas ! 
Il est évident que je caricature mais cela n’en est pas moins important : le catholique lambda, espèce dont je me revendique avec fierté, n’est pas une personne vivant dans la crainte de l’autre, dans un effroi constant. Le catholique lambda, il sait que, même s’il n’est pas doué, il est aimé et qu’il est invité à aimer toujours plus et toujours mieux toute personne, en Dieu. Les homosexuels aussi, bien sûr. Donc l’homophobie, ce n’est tout simplement pas catholique.
En revanche, il convient de préciser que, quand je dis aimer, pour le catholique, ce ne sera pas du sentimentalisme, c’est un amour en Dieu, c’est un amour qui vise toujours à l’exigence pour aimer aussi parfaitement que Dieu… et, donc, il peut avoir des idées extérieurement un peu curieuses le catholique. Et il a le droit, même aimant ses frères, de donner un avis contradictoire, voire contrariant. 

Sans doute, pour nous, catholiques, beaucoup de nos pensées, de nos idées, de nos façons de vivre nous deviennent plus « logiques » si on les situe, si on les perçoit dans une perspective surnaturelle. Et elles ont de toute façon à le devenir puisque c’est en priant, en nous abreuvant à la Source, que nous deviendrons nous-mêmes plus chrétiens et donc mieux aimant. C’est d’ailleurs particulièrement indispensable pour des questions où il est si délicat de poser des mots justes. 

Donc à nous aussi de ne pas balancer des arguments tout faits, des « loi naturelle » powaaaa en guise de joker imparable ou des qualificatifs amoindrissants mais de toujours plus chercher d’abord à ajuster notre pensée – ça, ça se fait par la prière d’abord, le travail de notre Foi ensuite – puis, également, cela me semble essentiel, à nous rendre audibles par chacun.
Et cela, ça doit être faisable : le christianisme est fait pour l’homme, dans une Foi où Dieu s’est fait homme. 

En ouvrant la cage aux phobes, en ouvrant la possibilité de parler et de se parler sans tomber dans de grands mots qui n’ont aucun sens sinon la force de blesser, cela crée un dialogue et le vrai dialogue, c’est certes difficile mais c’est respectueux, c’est grandissant pour chaque homme. C’est même un art d’humanité.

Par Zabou le lundi, août 20 2012, 15:49 - Lien permanent