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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 11:10

 

 

Y a-t-il une grâce à savoir dire "merde", ce juron si caractéristique de la langue française que Sacha Guitry en a tiré même une pièce intitulée "le mot de Cambronne", dans laquelle il met en scène le général et son épouse ... d’origine écossaise ? Comment d’ailleurs pourrait-il y avoir une grâce à prononcer un juron si vulgaire et contraire à l’idée habituelle de la grâce, au sens tant naturel que surnaturel ?

Oublions le mot de Cambronne en lui-même : il restera toujours synonyme de mauvaise éducation et de manque de courtoisie. Le propos n’est pas ici de réhabiliter la grossièreté.

Cependant, ce juron est devenu si emblématique de l’identité française, notamment dans la manière dont les Français sont perçus à l’étranger, qu’il est bon d’en décrypter, derrière la vulgarité du terme, l’esprit et le panache qui peuvent l’animer.

En 1940, le capitaine de Frégate de Quiévrecourt, commandant de l’aviso Dumont d’Urville, refuse de rejoindre la France Libre lorsque Nouméa se rallie. L’amiral Muselier, chef des forces navales françaises libres, envoie alors un télégramme le destituant et nommant à sa place le commandant en second. Celui-ci rejette l’ordre de dissidence et adresse cette réponse à l’amiral Muselier : « De la part Commandant, officier en second, état-major et équipage du Dumont d’Urville. Votre 230. Stop. Merde. » C’est depuis ce temps-là que dans la Marine on ne renvoie pas au "mot de Cambronne", mais au "mot de Quiévrecourt".

Or dans le cas de Cambronne comme dans celui de Quiévrecourt, le juron est synonyme de fidélité. La légende veut en effet que le général Cambronne, sommé par les Britanniques de se rendre à Waterloo, ait répondu : « La garde meurt mais ne se rend pas ! », avant de pousser le célèbre juron qui le fit passer à la postérité. Quant à Quiévrecourt, rappelons que tout officier français avait prêté serment de fidélité au chef de l’Etat qui en 1940 n’était ni de Gaulle, ni Muselier.

Permanences n° 470-471

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